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Dans la formation de sentinelles, Drummond figure comme précurseure dans la région. Avec les 90 000 $ qu'a récemment offerts l'Agence régionale de la santé et des services sociaux au centre de prévention suicide (CEPS) de Drummond, le nombre de bénévoles formés pour reconnaître les personnes présentant des risques suicidaires devrait monter en flèche. Même le directeur général du Cégep de Drummondville, Normand W. Bernier, fait partie des volontaires.
Comme le Cégep était particulièrement engagé dans cette démarche, son directeur, M. Bernier, a décidé de devenir lui-même sentinelle. «Je voulais savoir ce que les gens recevaient comme informations et ce qu'ils allaient vivre, exprime-t-il. Ce n'est pas juste l'affaire des psychologues, de la vie étudiante, ça revient à tout le monde», exprime-t-il.
Et même ces ressources d'aide parfois en échappent… «Les sentinelles permettent d'aller auprès des personnes qui n'iraient pas consulter. Quand on n'est pas bien, on s'isole», indique Dr Manon Toupin, médecin-conseil à la direction régionale de santé publique.
Au Cégep de Drummondville, on compte 25 sentinelles réparties au sein du personnel enseignant, de la bibliothèque, de la coopérative étudiante, des résidences, etc.
Pour M. Bernier, son engagement consiste à être sensible aux réactions d'autrui. Chez les hommes en détresse notamment, on peut remarquer un changement d'attitude et une perte d'intérêt. «Si on ne sait pas ça, on peut passer à côté. Il n'y a pas de livre de recettes, mais on apprend à être à l'affût de certaines réactions», soutient-il.
Mais attention : les sentinelles ne doivent pas, à la base, être des intervenants.
«Notre rôle est d'avoir la confiance de la personne en difficulté et de la diriger vers des gens qui peuvent l'aider. On ne doit pas aller au-delà de ça sinon on peut devenir dangereux», insiste le directeur général.
L'affaire de tout le monde
En plus du Cégep, des sentinelles sont créées dans différents milieux préalablement identifiés et sensibilisés : entreprises, écoles, collèges, regroupements professionnels, etc.
«L'important, c'est que ça devienne collectif», soutient Nathalie Magnan, directrice des programmes famille et santé publique au CSSS Drummond.
Dans Drummond, les sentinelles se sont développées plus rapidement qu'ailleurs dans la région. «Les organisations sont venues vers nous», fait savoir Sandrine Van Houtte, directrice du CEPS Drummond, qui cite en exemple le pénitencier Drummond et le centre local d'emploi.
Récemment, la chaîne de Tim Hortons a répondu à l'appel ainsi que le Regroupement interculturel Drummond. Mme Magnan insiste sur l'importance de pénétrer davantage le milieu ouvrier.
Selon Mme Van Houtte, des employés de quincaillerie de petites municipalités ont également été formés. Pourquoi? Ces témoins de première ligne peuvent intervenir en cas de doute… comme une personne qui achète une corde et qui n'a pas l'air bien.
Dans le milieu de la santé, une formation est prévue à l'automne pour les infirmières au triage en santé mentale et suicide.
Dans les faits, le CSSS collabore avec le CEPS à identifier les milieux à risques, à recruter et former les sentinelles ainsi qu'à accueillir les personnes référées par les sentinelles. Par ailleurs, la contribution de l’Agence prend la forme d’un agent de liaison qui apporte son soutien et assure le suivi de cette mesure.
Fait encourageant : si on enregistrait, en 2002, un taux de 28,4 décès par suicide par 100 000 habitants en Mauricie et au Centre-du-Québec, cette proportion a chuté à 19,7 en 2008.
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