Le Centre de prévention du suicide est en attente de financement Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Johanne Roy, le Journal de Québec, le 3 février 2010   
snadeau.jpgAlors que le gouvernement québécois vante ses efforts en santé mentale, le Centre de prévention du suicide de Québec est en attente de financement additionnel depuis plusieurs mois pour faire face à la demande accrue de suivis.

« Une rencontre est prévue la semaine prochaine avec l’Agence de santé de Québec... un an plus tard! Nous demandons un budget additionnel récurrent de 60 000 $ pour couvrir le salaire d’une cinquième clinicienne à temps plein, ainsi que les frais des déplacements à domicile. Notre demande a été refusée encore une fois en juin. On attend toujours et on creuse notre déficit », confirme la directrice générale du centre, Sylvie Nadeau.

Mme Nadeau gratte les fonds de tiroirs depuis des mois, afin d’assurer le soutien adéquat aux personnes en détresse psychologique et à leurs proches.

« Nous organiserons un encan chinois en mars, avec la fondation, pour essayer de boucler l’année financière. D’avril à décembre, nous étions rendus à 312 suivis, en comparaison de 282 suivis pour toute l’année précédente, d’avril à la fin mars.

« On constate une augmentation des suivis, pendant qu’on voit une diminution du taux de suicide. Cela montre que les gens veulent s’en sortir et acceptent volontiers l’aide fournie. On a 60 % d’hommes qui viennent aux rencontres et s’investissent dans une démarche. C’est important, compte tenu que 80 % des suicides concernent des hommes », expose Mme Nadeau.

« Où est l’argent? »

Dans un communiqué diffusé lundi, le gouvernement québécois soulignait la Semaine de prévention du suicide, en cours jusqu’à samedi. « Depuis 2003, le gouvernement du Québec a réalisé des investissements de 81 millions de dollars en santé mentale », n’a-t-on pas manqué de faire ressortir.

« Je me demande bien où est allé cet argent! Les organismes communautaires en santé mentale de la région vous le diront : on n’a rien vu de ces sommes supplémentaires.

« En principe, 10 % du budget régional en santé mentale doit retourner aux organismes communautaires, tandis qu’on reçoit seulement autour de 7 %. Pour nous, 60 000 $ additionnels, ça fait toute une différence. Dans la région de Québec, l’an dernier, l’argent est allé à l’aménagement de l’urgence psychiatrique à l’hôpital du Saint-Sacrement, fermée depuis l’été à cause du manque de psychiatres. Pour les organismes, sur le terrain, cela ne nous apporte rien de plus», déplore Mme Nadeau.
 


 
 
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